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La culture du like

Le like est apparu pour la première fois il y a dix ans sur Facebook. Qui aurait pu prédire qu’il allait être aussi omniprésent dans nos vies aujourd’hui ?

Ils sont partout

Le like est devenu une fonctionnalité incontournable. Facebook, Instagram, Twitter, et je ne cite que les trois les plus connus juste pour avoir une excuse pour caler mes liens. Seraient-ils devenus aussi populaires sans l’invention du like ? Pas sûr.

Tout le monde s’y met. Un réseau social sans bouton like, c’est comme Bonnie sans Clyde, Jamy sans Fred, Charly sans Lulu, Véronique sans Davina. Si vous ne connaissez aucune de ces personnes, vous avez soit moins de vingt cinq ans, ou absolument aucune culture. En vrai, j’vous dit pas bravo.

La nouvelle vague

Plus récemment, un autre genre d’application s’y est mis aussi: Les applications de rencontres. Ben oui, finalement, sur Tinder, Happn, Bumble, c’est pareil. Tu likes ou tu passes. Bon, ok, certains préfèrent swiper. T’es plutôt #TeamLike ou #TeamSwipe ? Moi perso, je swipe pas, pour la simple et bonne raison que j’ouvre le profil à chaque fois, que je regarde toutes les photos et que je lis la description. Vous saviez qu’il y avait une description dans Tinder, rassurez moi ?

Même LinkedIn, un réseau professionnel, s’y met, c’est pour dire… Non, je ne vais pas vous mettre le lien vers mon compte LinkedIn, surtout que je l’ai pas utilisé depuis au moins quinze ans. A mon travail (celui où je ne travaille pas beaucoup), je peux mettre un like sur le code que mon collègue a écrit. Non, je le fais pas, je trouve ça ridicule. Rassurez vous, moi aussi, je me demande à quoi ça sert dans certains cas. 🤔

La course au Like

C’en est devenu maladif, je trouve. J’ai l’impression que les gens ont besoin de la validation des autres pour être heureux. Si t’as pas un minimum de like sur ce que tu postes, t’es déçu, tu te sens mal, tu te dis que ta vie, c’est de la merde. Avouez le, on l’a tous déjà vécu, et moi aussi.

Ça et la course à la gloire et la richesse. Parce que le like se transforme en follow, ça veut dire que tu deviens influenceur et que t’as plus besoin d’aller trimer au boulot, et tu te contentes de dire que le SNU c’est trop génial faire des posts sponsorisés pour vendre des barres Feed et des abonnements NordVPN depuis le pont de ton yacht à Miami. Bon, j’avoue, mes exemples sont très orientés g4m3rZ, mais pour les meufs par exemple, c’est sûrement pareil avec le maquillage, les produits de beauté et les fringues.

Je me suis mis à Instagram et je me suis rendu compte d’un truc. Bon, la vérité, je le savais avant, mais c’est tellement plus criant de le voir en vrai. Quand on pense à Instagram, on pense aux photos, et c’est logique, c’est le but. Mais faudra m’expliquer pourquoi certains mettent quatre milles hashtags sous leurs photos… Oui, bon, on sait très bien que c’est pour attirer les gens. Traitez moi de vieux con, mais je préfère qu’on like une de mes photos pour la photo elle-même, pas juste parce que j’ai attiré trois milliards de gens dessus avec un hashtag qui n’a absolument rien à voir avec.

Business

Ça, c’est le dernier level d’abus. Quand on en est là, on sait qu’on a atteint le sommet et que y’a vraiment un problème. On peut acheter des likes, comme on peut aussi acheter des followers ou des vues. C’est quand même grave, je trouve.

Et je reconnais que la technique marche et a un intérêt. Non, je ne l’ai pas essayée, mais c’est ce qu’on appelle l’effet boule de neige, la croissance est toujours extrêmement difficile quand on part de zéro, et est exponentielle par la suite.

Faites l’expérience, montrez aux gens la même chose, l’un avec zéro like, l’autre avec mille, le deuxième sera passé à deux mille alors que le premier peinera à dépasser dix. Parce que d’une part, plus de gens verront votre publication (croissance organique) mais aussi et surtout parce que les gens ont besoin d’être validés, de faire partie d’un groupe, et ont peur d’être le premier et de subir une sorte de pression sociale. C’est vraiment dommage de penser comme ça mais c’est pourtant ce qui se passe.

Alors bon, je suis pas dupe, je sais bien que pour certains, c’est un business, c’est leur gagne pain, et que la visibilité est hyper importante dans certains domaines. Je sais que le but, c’est de faire de l’argent, mais j’sais pas, la meilleure pub à faire, elle devrait se faire sur le produit en lui même. Pas en payant X euros pour obtenir Y likes. Je préfère pas donner d’exemples, mais bon, taper les bons mots dans Bing Google et vous trouverez sans problèmes.

Tous coupables ?

Le pire dans tout ça ? Je suis comme tout le monde, je réagis à cette « popularité » aussi. Parfois, quand y’a aucun likes (ou commentaires), je me dis que je suis naze, que mon article est naze, que mon tweet est naze. Alors que j’ai aucun objectif, je le fais pas pour la gloire mais par passion, mais la pensée du chiffre s’insinue inconsciemment. Parce que c’est malheureusement devenu la norme dans la société, c’est tellement entré dans le quotidien qu’on le fait sans réfléchir. Et moi j’trouve ça moche, et parfois je m’en veux d’être aussi obnubilé par ça que tous les autres.

Moi aussi, il m’arrive d’être jaloux de certaines personnes sur Twitter, sur WordPress, ou ailleurs, qui obtiennent cent fois plus de reconnaissance (de likes, de follows, etc.) que moi et qui la méritent mille fois moins (mon avis tout à fait personnel, hein). Mais je me refuserais toujours à répéter la rengaine habituelle, tel un Youtubeur ou un twitto qui a « perçé », « follow moi, mets un like, lâche un commentaire ». Parce que j’estime que je n’ai à forcer personne et que si tu aimes ce que j’écris, tu le feras sans que je te demande rien du tout. Oui, j’aime bien jouer en mode difficile. Et, oui, je suis un putain de gros naïf.
De la même façon, j’estime qu’y en a aussi qui méritent autant voire cent fois plus que moi, et j’fais tout mon possible pour essayer de les aider.

La première vraie bonne idée ?

Revenons un peu au like. Après dix ans, enfin, quelqu’un a compris que c’était pas très sain toutes ces conneries et a décidé de tenter quelque chose. Instagram est en train de tester le fait de cacher le nombre de likes aux lecteurs. Fini la « pression sociale », fini la guerre de popularité, fini l’achat de likes ? (Pas sûr pour le dernier…)

Sincèrement, j’espère que ce sera concluant et adopté massivement. C’est franchement pas quelque chose qui est nécessaire, je trouve. Peut-être qu’un jour, on aura plus besoin de ça dans nos vies ?

Et dans la vie réelle ?

Finalement, les likes, c’est pareil dans la vraie vie. J’aimerais avoir (un peu) de notoriété, du succès avec les meufs, être un beau gosse, faire 1m90, être musclé, intelligent, blindé de confiance en moi, et tout le reste. Bref, j’ai envie qu’on m’aime. Comme tout le monde.

Manque de bol, c’est presque tout l’inverse: Je suis un lambda, la meuf sur qui je crushe s’en fout royal (c’est la vie, mais putain la vie, c’est naze parfois), j’suis pas joli (pas moche non plus mais bon), j’fais 1m75, zéro muscles, bon intelligent, ça si (enfin ça va), et timide comme pas possible. Ouais, gros gros moral en ce moment.

Oubliez pas de liker cet article ! 😉 (Non j’rigole. Si vous avez bien lu ou que vous me commencez à me connaitre, vous savez ce que j’en pense.)
Surtout, aimez moi vous.

12 thoughts on “La culture du like

  1. Et un follower de plus sur Instagram, un ! 😀
    Ca fait 6 mois que j’ai fait un compte lié au blog, avant j’avais juste un Instagram perso.
    Je suis d’accord avec tout ton article, rien à rajouter et comme toi, je suis pareil.
    Je mets une tonne de # Après mes photos parce que « c’est comme ça »
    J’unifie mon feed parce que « c’est comme ça »
    Je fais même des placements de produits. Par contre j’essaie de rester moi, faut un juste milieu quoi 🙂

    1. Ben non, c’est pas « comme ça ». Enfin moi j’ai pas envie de faire comme ça parce que tout le monde le fait. 😢
      Et je le ferais pas.

  2. Tu as oublié drôle dans tes qualités !
    J’adore ton article et je suis totalement d’accord avec toi… J’essaye au maximum de rester moi même avec mes valeurs et mes choix, mais des fois, j’aimerais bien voir quelques like de plus…

  3. J’aime bien les hashtags, ça permet de voir du contenu relié à ce qu’on a posté – et clairement, sur instagram ça m’a permis de dénicher des comptes sur lesquels je ne serais pas tombée 🙂 Je connais beaucoup d’artisans sur Instagram maintenant (enfin des artisanes principalement, après réflexion), connues grâce à des hashtags qu’on avait en commun, et c’est top 🙂 Après faut pas se leurrer, avec un petit compte, même si tu mets le max de 30 hashtags autorisés (donc pas mille, hein, on est d’accord… ;), tu disparais dans l’algorithme d’Instagram, et c’est pas grave en fait ^^
    Dès l’ère des skyblogs (les vrais savent), chaque article se terminait déjà par un douteux « lAcHe tEs cOmMz lol », on en revient au même. Et… je sais pas, ça me fait pas rager, je me dis que les règles en elles-mêmes ne changent pas, ce sont juste les media qui évoluent 🙂 Personne ne va te mettre au bûcher parce que tu n’utilises pas de hashtags, en revanche je vois pas pourquoi on cracherait sur ceux/celles qui en utilisent, ou qui font des posts sponsorisés ^^

    1. Mettre un ou plusieurs hashtags, j’ai rien contre. C’est d’en mettre trop, pour des trucs qui n’ont rien à voir, où j’ai un problème.
      Y’en a qui mettent tous les hashtags populaires (de manière permanente, ou liés à l’actualité) et c’est ça qui me dérange. C’est vrai que j’ai pas été très clair sur cette partie.

      De la même façon, je n’ai rien contre le contenu sponsorisé, mais plutôt le business qu’il y a autour et qui est engendré par le nb de likes et de followers. Avant, tu demandais à un enfant ce qu’il voulait faire, il te répondait pompier, ou astronaute, d’ici quelques années, il te dira qu’il voudra juste être « influenceur ».

  4. C’est vrai que c’est un la course au like (pour certain, trop à mon goût) et c’est un peu dommage. J’ai parfois l’impression que la passion part… Mais bon. Je regardais des trucs intéressant sur l’addiction aux écrans et aux applications et le fait que la dopamine soit lié à tout cela… ce que j’ai regardé directement sur mon portable en mettant un like et en m’en sentant coupable.
    Le like ne fait pas tout 🙂

  5. Je ne sais pas si tu as vu le premier épisode de la saison 3 de Black Mirror, il illustre parfaitement bien les dérives de la culture du like. On est plongés dans un monde où chaque personne possède une note personnelle, par exemple si tu vas à la boulangerie et que la boulangère est rapide et te sert avec le sourire tu lui mets un 4/5 etc Tout le monde peut noter tout le monde via son smartphone et la société est divisée entre ceux qui ont plus de 4 et les autres. Je ne te spoile pas l’épisode mais si tu ne l’as pas vu je te le conseille vivement, il est clair que ce n’est plus de la science-fiction…

    1. Oui, j’adore black mirror. D’ailleurs, je comprends pas comment on peut ne pas aimer. 😀

      Mais c’est vrai que c’est exactement ça, j’y ai pas pensé sur le moment.

  6. J’préfère les commentaires aux likes.
    C’est pas forcément que ça s’achète pas, ça s’achète sûrement, mais au moins les gens derrière (les vrais, pas les bots), ont investi une petite partie d’eux mêmes.
    En plus, quand y’en a pas beaucoup, ça permet d’interragir, c’est à double sens.

    J’prétends pas être insensible aux likes, hein. J’me suis mis à insta tardivement, j’ai guère été exposé à ça durant ma jeunesse la plus influençable, n’empêche que je like plus si y’a déjà de nombreux likes, et que j’ai un p’tit pincement si personne ne like une photo. presque personne. Y’a toujours au moins une pote dévouée, quand même.

    Tien, un gros exemple de ce comportement : http://secouchermoinsbete.fr/
    Les 3 commentaires avec le plus gros score de votes sont mis explicitement en avant. Ca permet de rendre très visible les commentaires les plus drôles et les plus enrichissants, et c’est bien.
    Mais ça permet aussi de voir l’écart de score entre ces commentaires là et les suivants, souvent non moins intéressants.

    Ravi de t’avoir découvert sur le blog de l’odieux connard/Stukka o/

    1. j’suis assez d’accord, j’préfère aussi les commentaires/réponses, mais bon, parfois, on apprécie quelque chose sans avoir rien à dire. 😃

      « je like plus si y’a déjà de nombreux likes ».
      Non, mais voilà, c’est exactement ça le truc. C’est une sorte de pression sociale invisible qui fait qu’on a plus tendance à liker un truc « populaire », une sorte de « je fais comme les autres pour faire partie d’un groupe, ou pour faire comme les autres et me sentir validé ». (bon, j’vais pas mentir, il m’arrive de le faire aussi et il m’arrive aussi de m’en vouloir après coup)
      Alors qu’en fait, un truc avec 0 likes a autant de chances de nous plaire, à la base. (enfin j’exagère un peu quand même, mais c’est l’idée.)

      Merci en tout cas ! 😃

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